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Deux cas de fièvre catarrhale ovine (FCO) à sérotype 4 détectés en Haute-Corse

 

Communiqué de presse du 30 juin 2017

Le laboratoire national de référence de l’Agence national de sécurité sanitaire (ANSES) vient de confirmer des résultats positifs de fièvre catarrhale ovine (FCO) sur plusieurs ovins issus de deux troupeaux, situés l’un sur la commune d’Alistro, l’autre sur la commune de Volpajola.

 

Ces prélèvements font suite à une suspicion clinique posée par le vétérinaire sanitaire de l’exploitation. Dans l’un des troupeaux, certains animaux avaient été vaccinés : ceux-ci ne présentent pas de signe cliniques, en revanche, les animaux manifestant des symptômes n’avaient pas été vaccinés.

D’ores et déjà, la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) a mis en place des mesures pour prévenir la propagation de la maladie : les deux élevages ont été placés sous surveillance renforcée et les mouvements d’animaux ont été bloqués au sein des exploitations.

Vaccination obligatoire

Les services de l’Etat rappellent que la vaccination est obligatoire et qu’elle est entièrement prise en charge par l’Etat. Sur des animaux non immunisés, la vaccination nécessite deux injections à 3 à 4 semaines d’intervalle et la protection n’intervient que 3 semaines après la seconde injection chez les ovins, 5 semaines chez les bovins. Il est toujours temps de vacciner les troupeaux qui ne le seraient pas. Les éleveurs concernés sont fortement encouragés à contacter leurs vétérinaires sanitaires au plus vite.

Origine de la maladie et symptômes

La fièvre catarrhale ovine (FCO) est une maladie virale d’origine africaine, détectée en Europe dès la fin des années 1950 au sud de l’Espagne et du Portugal, puis en Italie, avant d’arriver en Corse en 2000 où elle a provoqué des dégâts importants. Le virus de la FCO est transmis par des insectes vecteurs, les culicoïdes, et peut provoquer des baisses de production et des mortalités importantes chez les ruminants (ovins, caprins, bovins). Elle n’est pas transmissible à l’homme.
Il existe plusieurs sérotypes du virus, plus ou moins pathogènes. La Corse est actuellement classée comme zone réglementée vis-à-vis des sérotypes 1, 2, 4, 8 et 16 par le Règlement CE/1266/2007. Une partie de la France continentale est classée en zone réglementée vis à vis du sérotype 8 et la Sardaigne est classée en zone réglementée vis à vis des sérotypes 1 et 16, auxquels s’ajoute le sérotype 4 pour la région de Cagliari. En Corse, le sérotype 4 a déjà été à l’origine d’une importante épizootie en 2003.
La maladie se manifeste chez les ovins principalement par de la fièvre, une salivation excessive, un œdème du museau, une cyanose des muqueuses (langue enflée et colorée en bleu), des boiteries, un amaigrissement pouvant conduire à la mort des animaux ou à une guérison lente avec d’importantes pertes économiques. Tout éleveur constatant ces symptômes doit contacter son vétérinaire sanitaire dans les meilleurs délais afin de procéder aux examens et analyses nécessaires.

Les services de l’État rappellent comment lutter contre la propagation de la fièvre catarrhale ovine

Vacciner préventivement

La déclaration de foyers de FCO de sérotype 4 en Sardaigne en début d’année 2016 avait mis les acteurs du sanitaire en alerte. De façon unanime, le CROPSAV du 24 mars 2016 s’est exprimé en faveur d’une vaccination généralisée et gratuite contre le sérotype 4, en complément de celle déployée depuis 2013 contre le sérotype 1.
Alors que sur le continent la vaccination contre la FCO est volontaire et à la charge des éleveurs, le ministère chargé de l’agriculture a immédiatement accédé à cette demande pour encourager la vaccination en Corse et 250 000 doses de vaccin bivalent 1+4 ont été livrées le 12 mai 2016, le temps de leur production par le laboratoire spécialisé.
Trop peu d’éleveurs ont eu recours à ce moyen de protection pour leurs animaux : à peine 50 % des ovins, environ 11 % des bovins et seulement quelques caprins.
Les services de l’État rappellent que de nombreuses doses sont encore disponibles et qu’il est toujours possible des vacciner les animaux sensibles et porteurs, bovins, ovins et caprins.

Surveiller l’activité virale

Depuis 2014, la surveillance en élevages est complétée par une surveillance programmée en abattoir où chaque mois, 60 bovins sont l’objet de prélèvements par les services vétérinaires pour vérifier l’absence de circulation virale.
Depuis le mois de mars dernier, ces prélèvements de type « sentinelle » ont permis de confirmer la circulation virale. Cette information a été relayée auprès des professionnels, notamment lors du dernier CROPSAV (comité régional d’orientation des politiques sanitaires animales et végétales) qui s’est tenu le 2 mai dernier à Ajaccio. Les consignes de vaccination ont alors été rappelées.

Éviter d’introduire des animaux porteurs

Pour chacun des sérotypes présents en Europe mais absents de Corse, il est important d’être vigilant à ne pas permettre l’introduction d’animaux porteurs du virus sur le territoire. Pour cela, il convient d’exiger des garanties sanitaires pour les animaux vivants qui seraient introduits en Corse.