Contenu

Fièvre catarrhale ovine en Corse

 

Communiqué de presse du Préfet de Corse du 5 décembre 2016.

 

En concertation avec les représentants des éleveurs, les services de l’État avaient bien anticipé le risque de réémergence de la fièvre catarrhale ovine en Corse.

La fièvre catarrhale ovine (FCO) est une maladie d’origine africaine, qui remonte vers le nord vraisemblablement à la faveur du réchauffement climatique et des échanges internationaux. En Europe, le virus a été détecté dès la fin des années 1950 au sud de l’Espagne et du Portugal, puis en en Italie, avant d’arriver en Corse en 2000, où il a provoqué des dégâts importants.

Plusieurs sérotypes du virus, plus ou moins pathogènes, ont été détectés en Corse depuis 2000. C’est ainsi que la Corse est actuellement classée comme zone réglementée vis à vis des sérotypes 1,2,4, 8 et 16 par le Règlement CE/1266/2007. Une partie de la France continentale est classée en zone réglementée vis à vis du sérotype 8 et la Sardaigne est classée en zone réglementée vis à vis des sérotypes 1 et 16, auxquels s’ajoute le sérotype 4 pour la région de Cagliari.

Éviter d’introduire des animaux porteurs

Depuis 2014, la surveillance évènementielle en élevage est complétée par une surveillance programmée à l’abattoir où 60 animaux sont prélevés chaque mois par les services vétérinaires pour vérifier l’absence de circulation virale. L’ensemble de ces résultats a pour objectif de présenter à l’Union européenne un dossier permettant d’obtenir la reconnaissance d’un statut plus favorable, à savoir être reconnu indemne des sérotypes 2, 4, 8 et 16 dès 2017 et indemne du sérotype 1 en 2018.
La reconnaissance d’un statut sanitaire favorable permet d’afficher sa qualité sanitaire, d’avoir accès à tous les marchés, et d’exiger des garanties sanitaires vis à vis des territoires au statut moins favorable. L’objectif est notamment d’obtenir des garanties sur les animaux originaires de Sardaigne afin d’éviter l’introduction d’animaux porteurs.
Cette stratégie a été présentée au comité régional d’orientation des politiques sanitaires animales et végétales (CROPSAV) du 26 octobre 2016. La confirmation d’un foyer de FCO sérotype 4 le 1er décembre 2016 n’empêche pas de poursuivre cet objectif pour les autres sérotypes.

Vacciner préventivement

Parallèlement, la déclaration de foyers de FCO sérotype 4 en Sardaigne en début d’année 2016 a mis les acteurs du sanitaire en alerte. De façon unanime, le CROPSAV s’est exprimé le 24 mars 2016 en faveur d’une vaccination généralisée et gratuite contre le sérotype 4, en complément de celle déployée depuis 2013 contre le sérotype 1.

Alors que sur le continent la vaccination contre la FCO est volontaire et à la charge des éleveurs, elle est en Corse financée par l’État. Ainsi, 250 000 doses de vaccin bivalents 1+4 ont été livrées le 12 mai 2016.

Encourager la vaccination

Les deux stratégies - maîtrise du statut sanitaire par la surveillance des introductions et vaccination préventive - n’ont jamais été mises en concurrence. L’heure est aujourd’hui à promouvoir la vaccination ainsi que les représentants des éleveurs s’y sont engagés.
Lors du dernier CROPSAV, plusieurs représentants ont demandé à ce que la vaccination FCO soit ajoutée aux critères relatifs à la conditionnalité des aides agricoles. Cette évolution est à l’étude.

Les services de l’État, pleinement mobilisés, sont aux côtés et à l’écoute des éleveurs afin d’endiguer la fièvre catarrhale ovine.

Les recherches sur la circulation du virus et la vaccination contre les sérotypes 1 et 4 n’ont jamais cessé.

Crédits photo ©Cheick Saidou/min.agri.fr